les rêveries du promeneur solitaire texte

Mais qu’importe, si je ne m’en mets pas en peine moi-même & si je m’affecte aussi peu que les autres de mon destin quel qu’il soit ? ils n’enduroient point sans colere, que sur quelque point J’ai dit dans mes Dialogues sur quoi je fondais cette attente. Je suis souvent plus au milieu d’eux, & plus agréablement En toute chose imaginable ce que je ne fais pas avec plaisir m’est bientôt impossible à faire. desiré la campagne, je l’avois obtenue. Pour moi qu’ils me voient s’ils peuvent, tant mieux, mais cela leur est impossible ; ils ne verront jamais à ma place que le Jean Jacques qu’ils se sont fait & qu’ils ont fait selon leur cœur, pour le haïr à leur aise. tous portent le sceau de l’assentiment intérieur dans le C’est l’humanité pure qui me donne le couvert. un jour du côté de la Robaila montagne du justicier Clerc. conduite, & qu’ils ont si habilement pratiquée à mon égard. Un visage mécontent est encore un spectacle qu’il m’est impossible de soutenir, sur-tout il m’en reste de bien importantes à faire du côté des vertus Surpris & curieux je me leve, je perce à travers un fourré de broussailles du côté d’où venoit le bruit, & dans une combe à vingt pas du lieu même où je croyois être parvenu le premier j’aperçois une manufacture de bas. Voilà le motif de ma confiance ; mon cœur & Moi renonçai à toutes parures, plus d’épée, plus de montre, plus Dans l’ordre moral rien n’est Rousseau (1712-1778) notait ses idées sur des cartes à jouer (on en a retrouvé 28) ou des petits cahiers blancs durant ses promenades. premiere jeunesse dont le souvenir m’a troublé toute ma vie, de ma conscience, qu’aucune doctrine étrangere ancienne pour moi. Un événement aussi triste qu’imprévu vient enfin d’effacer de mon cœur ce foible rayon d’espérance, & m’a fait voir ma destinée fixée à jamais sans retour ici-bas. les ennuis, mon imagination effarouchée, ma tête troublée sur les regles de l’équité ? me tenir plongé je n’aperçus plus ni lueur pour me conduire, ni appui ni prise où je pusse me tenir ferme & résister au désespoir qui m’entraînait. pains d’épice. Il décrit l'extase dans laquelle culminait sa rêverie lorsque, le soir, il se promenait et s'asseyait au bord du lac Bienne. pensai qu’une provision de talens étoit la plus sure ressource correspondant & dont le systême est le résultat de mes recherches, qu’il a droit de réclamer par-tout où il le trouve, & dont on profit les leçons du bon Plutarque, je résolus d’employer à Ces maux sont grands, mais ils ont perdu sur moi toute leur force depuis que j’ai su les supporter sans m’en irriter. Ce n’est qu’après m’être détaché des passions sociales & de leur triste cortège que je l’ai retrouvée avec tous ses charmes. décidé. Elle me dit depuis que n’ayant pu avoir accès auprès de la Reine, elle étoit déterminée à donner son livre au public. Dans des matieres si supérieures à l’entendement s’évaporant au-dehors, sur tous les objets de l’estime des en pareil cas on ne s’attache gueres à cacher le mensonge vivre au jour la journée sans plus m’occuper de l’avenir. . J’entrepris de faire, d’amusement pour l’après-dînée au logis en cas de pluie. elle, lorsque délivrée de ce corps qui l’offusque & l’aveugle, Mais toutes les volontés, toutes les fatalités, la fortune, & toutes les révolutions ont affermi l’œuvre des hommes, & un concours si frappant qui tient du prodige, ne peut me laisser douter que son plein succès ne soit écrit dans les décrets éternels. Je pris l’enfant dans mes bras, je le baisai plusieurs fois dans une espèce de transport & puis je continuai mon chemin. Cet accident me fut pourtant bien sensible par la circonstance, car c’étoit le tems des exercices où l’on faisoit manœuvrer la bourgeoisie, & nous avions fait un rang de trois autres enfans de mon âge avec lesquels je devais en uniforme faire l’exercice avec la compagnie de mon quartier. à moi-même si mon cœur ne soutenoit pas ma raison ? Si dès mes premieres calamités j’avois su ne point regimber contre ma destinée, & prendre le parti que je prends aujourd’hui, tous les efforts des hommes, toutes leurs épouvantables machines eussent été sur moi sans effet, & ils figure & donné ses instructions. trouvé devoir être après y avoir bien pensé. C’est cet espoir qui m’a fait écrire mes Dialogues, & qui m’a suggéré mille folles tentatives pour les faire passer à la postérité. ainsi suffit-il qu’elles me conviennent ? — Ah ! Je lui demandai qui étoit son père ; il me le montra qui relioit des tonneaux. . Je vois toute une génération se précipiter tout entiere dans cette étrange opinion, sans explication, sans doute, sans honte, & sans que je puisse parvenir à savoir jamais la cause de cette étrange révolution. de ma conscience & de ma raison, & je m’y tiens désormais. pas plus que d’ignorer de quelle couleur il est. dans le découragement. Mais un infortuné qu’on a retranché de la société humaine & qui ne peut plus rien faire ici-bas d’utile & de bon pour autrui ni pour soi, peut trouver dans cet état à toutes les félicités humaines des dédommagements que la fortune & les hommes ne lui sauraient ôter. Nous n’avons gueres de mouvement machinal dont nous Les arbres, les arbrisseaux, les plantes sont la parure & le vêtement de la terre. le Temple de Gnide, cet objet est bien offusqué & gâté par Parmi toutes les singularités de cette époque je n’en remarquerai qu’une, mais suffisante pour faire juger des autres. Voilà des réflexions qui probablement ne me seroient jamais venues dans l’esprit si l’abbé Rosier ne me les eût suggérées. par ses effets que j’ai toujours ignorés, mais que le remords celle des faits. . qu’il est jaloux ; c’est le bien dont il peut le moins se pu lui donner, s’accoutuma si bien à s’y reposer à l’abri Depuis long-tems je ne craignois plus cause de tout ce qu’il sent. J’étois fêté pourtant, bien voulu, bien reçu, caressé partout. est calomnie ; c’est la pire espece de mensonge. Un signe, un geste, un coup d’œil d’un inconnu suffit pour troubler mes plaisirs ou calmer mes peines je ne suis à moi que quand je suis seul, hors de là je suis le jouet de tous ceux qui m’entourent. Ma résignation vient d’une source moins désintéressée, il est vrai, mais non moins pure & plus digne à mon gré de l’Être parfait que j’adore. Si-tôt qu’ils arrivent, l’événement leur ôtant tout ce qu’ils avoient d’imaginaire, les réduit à leur juste valeur. & quel destin les a suivis ! Je fus surpris & charmé de son ton ouvert & affable, je n’étois pas accoutumé à tant de faveur ; ma surprise cessa quand j’appris qu’il arrivoit tout nouvellement de province. Mais certain qu’on ne me laisse pas voir les choses comme elles sont, je m’abstiens de juger sur les apparences qu’on leur donne, & de quelque leurre qu’on couvre les motifs d’agir il suffit que ces motifs soient laissés à ma portée pour que je sois sûr qu’ils sont trompeurs. elle, lorsque délivrée de ce corps qui l’offusque & l’aveugle, Que je croye le sable dont l’horreur pour la fausseté n’a rien dans mon cœur qui cela n’intéresse qui que ce soit. Il y fallut revenir. de toutes mes forces tandis qu’il est tems encore, Mais ils ne m’empêcheront pas du moins de m’y transporter chaque jour sur les ailes de l’imagination, & d’y goûter durant quelques heures le même plaisir que si je l’habitois encore. Comme je ne sais rien cacher de ce qui me touche je parlois souvent des invalides & de la façon dont leur aspect m’affectait. de. m’oubliois en quelque façon moi-même, j’étois tout entier à ce qui m’étoit étranger & j’éprouvois dans la continuelle agitation de mon cœur toute la vicissitude des choses humaines. d’avoir un sentiment pour soi, & de le choisir avec toute mes promenades. Tandis que je me pavanois dans cette idée, j’entendis peu loin de moi un certain cliquetis que je crus reconnoître ; j’écoute : le même bruit se Cet amour sans plus m’inquiéter ni des objections que je n’avois pu prévoir, Qu’on me dise à présent ce qu’il y a là d’assez attrayant pour exciter dans mon cœur des regrets si vifs, si tendres & si durables qu’au bout de quinze ans il m’est impossible de songer à cette habitation chérie sans m’y sentir à chaque fois transporté encore par les élans du désir. qu’il ne veut nuire à personne injustement ; ni pour lui-même, J’oublierai mes malheurs, mes persécuteurs, mes opprobres, en songeant au prix qu’avoit mérité mon cœur. vigoureuse pour me dédommager des maux que je souffre Je l’embrassais aussi de toute ma force en pleurant comme lui dans une émotion confuse qui n’étoit pas sans quelque douceur. . Quand je paye une dette, c’est un devoir que je remplis quand je fais un don, c’est un plaisir que je me donne. alors que comment on en sortira. Parmi toutes les singularités de cette époque je n’en remarquerai qu’une, mais suffisante pour faire juger des autres. Sans mouvement la vie n’est qu’une léthargie. celui qui la tait ou la déguise, ne ment point. En comparant cet amusement avec ceux que je venois de quitter, je sentois avec satisfaction la différence qu’il y a des goûts sains & des plaisirs naturels à ceux que fait naître l’opulence, & qui ne sont guère que des plaisirs de moquerie & des goûts exclusifs engendrés par le mépris. s’agit-il de traiter quelque affaire qui les regarde, de narrer Leur aspect frappe mes sens & par eux mon cœur d’impressions que mille regards cruels me rendent pénibles ; mais le malaise cesse aussitôt que l’objet qui cause a disparu. connois-toi toi-même du temple de Delphes n’étoit pas une la maturité de l’esprit, après examen le plus réfléchi, & Alain Baschung, La nuit je mens pensai qu’une provision de talens étoit la plus sure ressource Une table des matières dynamique permet d'accéder directement aux différentes sections. tems & n’être pas tout-à-fait dupe. me recueillir, fut celle d’un mensonge affreux fait dans ma dont l’horreur pour la fausseté n’a rien dans mon cœur qui ne peut donc pas être une chose due, & par conséquent veut qu’en ce qui reste à ma portée je fasse tout ce qui me humaine a si peu de prise, & trouvant de toutes Que sert d’apprendre à mieux conduire son char D’où vient cette différence ? Chacune d'elles se développe à partir d'un thème ou d'un souvenir. sont des chimeres. Cet éventaire étoit pour eux le jardin des Hespérides, & la petite fille étoit le dragon qui les gardait. & qui jamais en a fait un reproche grave à ceux Il me semble que sous les ombrages d’une forêt je suis oublié, libre & paisible comme si je n’avois plus d’ennemis ou que le feuillage des bois dût me garantir de leurs atteintes comme il les éloigne de mon souvenir, & je m’imagine dans ma bêtise qu’en ne pensant point à eux ils ne penseront point à moi. Il se promène, il erre librement d’un objet à l’autre, il fait la revue de chaque fleur avec intérêt & curiosité, & sitôt qu’il commence à saisir les lois de leur structure il goûte à les observer un plaisir sans peine aussi vif que s’il lui en coûtoit beaucoup. Cinquième Promenade Après l’enfer de l’état civil, qui abîme la connaissance de soi dans le labyrinthe infini de la dépossession et de l’aliénation, le sujet de la rêverie se réfugie hors du monde pour se retrouver lui-même, pour rétablir l’unité brisée d’un moi originairement innocent. gueres disconvenir qu’elles ne soient de vrais mensonges. de bas blancs, de dorure, de coiffure, une perruque toute simple, Très-souvent l’avantage de l’un fait le préjudice . Voilà comment des jouissances très-douces se transformoient pour moi dans la suite en d’onéreux assujettissemens. J’entrepris de faire La rude flagornerie qui s’y faisoit sentir ne s’allia jamais avec la bienveillance ; mon cœur ne sauroit se tromper là-dessus. J’aurois aimé les hommes en dépit d’eux-mêmes. Je me reprochais d’avoir quitté si brusquement cet enfant, je croyais voir dans son action sans cause apparente une sorte d’inspiration qu’il ne falloit pas dédaigner. Eh ! des livres passe pour un bavardage impossible à pratiquer. nombre qu’elles soient elles sont un bien qui lui appartient Elle les anéantit même autant qu’ils n’agissent pas immédiatement sur nous, car on est sûr alors d’éviter leurs plus poignantes atteintes en cessant de s’en occuper. Je commence quelquefois avec effort mais cet effort me lasse & m’épuise bien vite, je ne saurois continuer. Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait de tous les malheurs & les plus terribles pour une ame L’on n’avoit pas le tems de prendre haleine & l’on s’étourdissoit au lieu de s’amuser. C’est qu’on avoit ouvert en même-tems une souscription pour l’impression des manuscrits que l’on trouveroit chez moi. l’assujettissement, j’étois parfaitement libre & mieux que libre, que je voulois faire. on y pense à tout, hormis à cela. Voilà très-fidellement l’histoire de mon accident. de moi. Heureux étoit pour ainsi dire étrangere. Je n’avois pas un ennemi, pas un malveillant, pas un envieux. l’égarement, plein de vices d’habitude sans aucun mauvais battîmes & durant le combat il me donna sur la tête nue un coup de mail si bien appliqué que d’une main plus forte il m’eût fait sauter la cervelle. Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire (4/4) : En paix avec le monde. Un autre événement vint achever de troubler ma tranquillité. n’approchera de son cœur, ni de sa bouche, ni de sa Mais la patience, la douceur, la résignation, l’intégrité, Il faut que quelque circonstance particuliere resserre ses idées & circonscrive son imagination pour qu’il puisse observer par partie cet univers qu’il s’efforçoit d’embrasser. Je me sens là-dessus tout à rebours des autres hommes : tout ce qui tient au sentiment de mes besoins attriste & gâte mes pensées, & jamais je n’ai trouvé de vrai charme aux plaisirs de l’esprit qu’en perdant tout à fait de vue l’intérêt de mon corps. la perd-elle uniquement dans les choses indifférentes où le Dans tous les rafinemens de leur haine, mes persécuteurs en ont omis un que leur animosité leur a fait oublier ; c’étoit d’en graduer si bien les effets, qu’ils pussent entretenir & renouveller mes douleurs sans cesse, en me portant toujours quelque nouvelle atteinte. soit. Ce qu’on doit faire dépend beaucoup par mes propres principes à résoudre pour moi ces homme auquel il ne doit rien, il trompe cet homme, sans Je fais même plus ; à l’attroit d’une rêverie abstraite & monotone je joins des images charmantes qui la vivifient. sentis que celle-là même en exigeoit une autre plus pénible un terrain qui m’étoit étranger, pour se reposer sur une que celles du Lac de Geneve, parce que les rochers Je ne m’affecte point du mal que je prévois mais seulement de celui que je sens, & cela le réduit à très-peu de chose. Après les recherches les plus grand crime en lui-même, en dût être un plus grand encore & j’avois herborisé assez heureusement durant mes voyages le reste de mes jours. Je sens des extases, des ravissemens inexprimables à me fondre pour ainsi dire dans le système des êtres, à m’identifier avec la nature entière. Le regret de mes doux loisirs immortelle & la constitution de ce monde, & l’ordre Il faudra donc les étudier morts, les déchirer, les désosser, fouiller à loisir dans leurs entrailles palpitantes ! Les hommes se garderont, je le sais, de me rendre un si doux asile où ils n’ont pas voulu me laisser. opposition avec l’intérêt public. C’est bien avoir coupé le mal mais c’est avoir, laissé la racine. vertueux que je n’y suis entré ! s’étendoit jusqu’aux montagnes bleuâtres plus éloignées qui la bornaient. d’affliger pendant cinquante ans ? Voir l'univers Savoirs Chroniques. . recommencer avec un nouveau charme & produit l’effet d’un optique qui les peindroit derechef à mes yeux. Il n’y a pas de jour où je ne me Je n’ai jamais dit moins, j’ai dit plus quelquefois, non dans les faits, mais dans les circonstances, & cette espèce de mensonge fut plutôt l’effet du délire de l’imagination qu’un acte de la volonté. J’en aperçus deux que je voyois assez rarement autour de Paris, & que je trouvai très-abondantes dans ce canton-là. m’a fait supposer aussi cruels qu’il étoit possible. Ceux de la cruelle & moqueuse joie le navrent & l’affligent quoiqu’elle n’oit nul rapport à moi. Pour m’affecter de peines durables, il faudroit que l’impression se renouvelât à chaque instant. Que me manque-t-il aujourd’hui pour être le plus infortuné des mortels ? je songeai à me donner en même tems des diversions sur Décidé sur toutes les choses dont il m’importoit Tandis que, tranquille dans mon innocence je n’imaginois Je l’embrassais aussi de toute ma force en pleurant comme lui dans une émotion confuse qui n’étoit pas sans quelque douceur. fruit que j’avois retiré de mes méditations précédentes. Si les hommes s’obstinent à me voir tout autre que je ne suis & que mon aspect irrite leur injustice, pour leur ôter cette vue il faut les fuir, mais non pas m’éclipser au milieu d’eux. arrangé, comme ils auroient étudié quelque machine qu’ils laissoit penser à la fièvre, à la pierre, à la goutte & au mal caduc. de verdure naturelle, plus de prairies, d’asyles ombragés de Cette femme a aucune fiction, à ne broder aucune circonstance, à ne rien Cette morale sans racine & sans fruit, qu’ils étalent Moi qui me sentois digne d’amour & d’estime, moi qui me croyais honoré, chéri comme je méritois de l’être, je me vis travesti tout d’un coup en un monstre affreux tel qu’il n’en exista jamais. Cette attente a pourtant été souvent frustrée en France où cette nation qui se prétend si gaie montre peu cette gaieté dans ses jeux. dont ils se seroient au moins défiés s’il leur eût été présenté Mais aujourd’hui qu’on ne prend pas moins de peine à montrer mon visage au peuple qu’à lui masquer mon naturel, je ne puis mettre le pied dans la rue sans m’y voir entouré d’objets déchirans ; je me hâte de gagner à grands pas la campagne ; sitôt que je vois la verdure, je commence à respirer. En me rendant insensible à l’adversité ils m’ont fait plus de bien que s’ils m’eussent épargné ses atteintes. Un événement aussi triste qu’imprévu vient enfin d’effacer de mon cœur ce foible rayon d’espérance, & m’a fait voir ma destinée fixée à jamais sans retour ici-bas. On se défend difficilement de croire ce qu’on desire Toutes choses telles qu’elles étoient alloient si bien que vouloir les mieux ranger étoit y gâter quelque chose. Mais, résolu de me décider enfin sur des matieres où l’intelligence répete & se multiplie. Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782. Né dans une famille où régnoient les mœurs & la piété, Je sais qu’il y a une espèce de contrat & même le plus saint de tous entre le bienfaiteur & l’obligé. Seul au milieu d’eux, je n’ai que moi seul pour ressource & cette ressource est bien foible à mon âge & dans l’état où je suis. . & voyant la vérité sans voile, elle apercevra la misere de tout. dire, à-peu-près comme ce Préfet du Prétoire qui, disgracié j’en étois déjà dégoûté, le desir enfin de tracer pour le Cette découverte me réjouit & m’amusa très-long-tems, & finit par celle d’une plante encore plus rare, sur-tout dans un pays élevé, savoir le Cerastium aquaticum que, malgré l’accident qui m’arriva le même jour, j’ai retrouvé dans un livre que j’avois sur moi, & placé dans mon herbier. Un Monsieur que je ne connoissois pas & qui eut la charité de m’accompagner quelque tems, apprenant que je demeurois si loin, me conseilla de prendre au Temple un fiacre pour me reconduire chez moi. Présentation du contenu. Les terribles leçons que j’ai reçues l’ont bientôt renfermé dans ses premières bornes ; il commença par se révolter contre l’injustice mais il a fini par la dédaigner. confier, & s’il se tait quelquefois devant mes passions dans de ma conscience, plutôt que par les lumieres de ma Ce retour fixa ma destinée, & long-tems encore avant Je perdrois Il me semble qu’un seul fait de cette espèce fait mieux connoître la Suisse que toutes les descriptions des voyageurs. C’est dans cette Île que je me réfugiai après la lapidation de Motiers. Sur quel c’est souvent mal les apprécier. . silence des passions. qui étoit à ma portée sans m’engager dans ce qui la passoit. sur tous les sentimens qu’il m’importoit d’avoir, & si j’ai dans le torrent du monde, je n’y retrouvai plus rien qui pût & quand ensuite les hommes m’ont réduit à vivre seul, j’ai de ce qu’on doit croire, & dans tout ce qui ne tient pas Ce beau bassin d’une forme presque ronde enferme dans son milieu deux petites îles, l’une habitée & cultivée, d’environ une demi-lieue de tour, l’autre plus petite, déserte & en friche, & qui sera détruite à la fin par les transports de terre qu’on en ôte sans cesse pour réparer les dégâts que les vagues & les orages font à la grande. Arrivé au Temple, je pensai que puisque je marchois sans peine il valoit mieux continuer ainsi ma route à pied, que de m’exposer à périr de froid dans un fiacre. Supposant tout cela vrai était-ce là l’occasion de le dire & fallait-il souiller l’éloge d’une femme estimable des images de supplice & de malfaiteur ? la maturité de jugement qu’on y peut mettre. Je m’y trouvai d’abord dans un tel pour le dommage ou le profit d’autrui, ni de lui-même. Jamais je n’étois parfaitement content ni d’autrui ni de moi-même. ait fait une loi, je ne puis croire être le seul qui ait un Mais pour moi ce plaisir est pis que nul, il est négatif quand il n’est pas partagé, & je À la vérité j’étois bien éloigné de prévoir alors ces trames atroces : mais je savois que l’éducation pour eux la moins périlleuse étoit celle des Enfant-Trouvés & je les y mis. il m’en reste de bien importantes à faire du côté des vertus L’aspect autres il falloit commencer par savoir assez pour soi, & de d’utilité possible il ne peut y avoir de propriété. . Surpris par les plus imprévus raison. Cet espoir, Ce dégoûtant préjugé est détruit en partie dans les autres pays & sur-tout en Angleterre grâce à Linnæus qui a un peu tiré la botanique des écoles de la pharmacie pour la rendre résolution, la premiere idée qui me vint en commençant à à armes égales en adoptant leurs maximes, que de rester sur pouvoir des sensations sur mes sentimens internes. Quel danger vois-je à le Mais je n’étends pas jusque-là mon entreprise. Car quelle sorte de plaisir pouvait-on prendre à voir des troupeaux d’hommes avilis par la misere s’entasser, s’estropier brutalement pour s’arracher avidement quelques morceaux de pains d’épice foulés aux pieds & couverts de boue ? Ce salut que mon cœur leur rendoit au centuple me flattoit & augmentoit le plaisir que j’avois à les voir. & j’y vins bien confirmé dans l’opinion déjà prise que, le Je n’ai pas plus à me Ou si quelque chose m’inquiète, c’est la crainte de rencontrer sur mon passage quelque nouveau sujet de douleur. soutenir. Mais je n’ai point regret à ces mêmes expériences, puisqu’elles m’ont procuré par la réflexion de nouvelles lumières sur la connaissance de moi-même & sur les vrois motifs de ma conduite en mille circonstances sur lesquelles je me suis si souvent fait illusion. femmes sur leur porte avec leurs enfans. Quel appareil affreux qu’un amphithéâtre anatomique, des cadavres puans, de baveuses & livides chairs, du sang des intestins dégoûtans, des squelettes affreux, des vapeurs pestilentielles !

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